Histoire et Religion d’Utila (Honduras) avant 1998

Analyse de la Trajectoire Historique et de la Composition Religieuse de l’Île d’Utila : Un Portrait Socio-Religieux avant 1998

La compréhension de la composition religieuse de l’île d’Utila — la plus petite des trois îles principales de l’archipel des Islas de la Bahía au Honduras — nécessite une plongée profonde dans les strates de colonisation, de migration et de résistance culturelle qui ont défini ce territoire. Avant le tournant critique de l’année 1998, marquée par le passage dévastateur de l’ouragan Mitch, Utila représentait un bastion singulier de culture anglo-caribéenne protestante, niché au sein d’une nation hondurienne majoritairement hispanophone et catholique. Ce rapport détaille l’évolution de ce paysage spirituel, depuis les racines animistes des populations Pech jusqu’à l’essor du pluralisme évangélique à la fin du XXe siècle, en passant par l’hégémonie des dénominations missionnaires britanniques et américaines.


Les Fondations Spirituelles : La Cosmogonie Pech et l’Intermède Colonial Espagnol (600 – 1650)

Avant que les premières cartes européennes ne mentionnent Utila, l’île était le domaine des populations autochtones Pech, autrefois connues sous le nom de Paya. Les preuves archéologiques et ethnographiques suggèrent que ces populations ont habité l’archipel dès l’an 600 de notre ère, apportant avec elles un système de croyances profondément ancré dans la relation entre l’homme et le paysage marin.

La Structure Religieuse Autochtone et les Sanctuaires de Colline

La religion Pech n’était pas une simple collection de mythes, mais un système organisé de vénération lié à des sites géographiques spécifiques. Les archéologues ont identifié que les sites d’offrandes des îles de la Baie étaient stratégiquement situés sur les sommets des collines. Ces offertory sites utilisaient la topographie de l’île pour créer une hiérarchie spatiale du sacré, où les hauteurs d’Utila servaient de pont entre le monde matériel et les divinités.

En 1526, dans la région des Islas de la Bahía, les Pech entretenaient des sanctuaires majeurs, abritant des idoles en forme de figures féminines, lesquelles étaient soignées par des chefs religieux célibataires connus sous le titre de papa. Cette structure indique une organisation cléricale sophistiquée qui a précédé l’arrivée du christianisme.

L’Impact de la Conquête et la Première Catholicisation

L’arrivée de Christophe Colomb en 1502 à Guanaja a marqué le début d’un choc théologique violent. Les colons espagnols, motivés par l’ambition de propager le catholicisme et de sécuriser une main-d’œuvre servile, ont rapidement entrepris de « christianiser » les insulaires. Ce processus ne fut pas tant une conversion spirituelle qu’un instrument de domination coloniale. Les documents de l’époque indiquent qu’il ne restait déjà plus qu’un millier d’indigènes en 1544, un chiffre qui s’est effondré à 400 en 1639 en raison de l’esclavage et des maladies importées.

Tableau 1 – Les fondations spirituelles d’Utila (600–1650)
Période Événement Historique Conséquence Religieuse
600–1502 Domination Pech Religion polythéiste centrée sur les idoles et les sanctuaires de colline.
1502–1630 Conquête Espagnole Conversion forcée au catholicisme romain ; dépopulation massive par l’esclavage.
1630–1650 Dépopulation de l’île Transfert forcé des derniers indigènes sur le continent ; Utila devient un désert spirituel.

Cette phase se termine par une évacuation forcée de l’île par les Espagnols, qui craignaient que les indigènes ne servent d’alliés aux pirates non catholiques (anglais, français, néerlandais) qui commençaient à infester les eaux environnantes.


L’Ère de la Transition : Flibustiers, Puritains et le Vide Institutionnel (1650–1830)

Pendant près de deux siècles, Utila a fonctionné comme un refuge pour les boucaniers. Bien que cette période soit souvent perçue comme une ère de non-religion, elle a jeté les bases du futur sentiment anti-catholique de l’île.

La Présence Puritaine et le Protestantisme de Combat

En 1638, une tentative de colonisation puritaine par la Providence Company a eu lieu sur l’île voisine de Roatán, avec des retombées probables sur Utila. L’objectif explicite des colons, menés par William Claiborne — un planteur de Virginie —, était de « subvertir la tyrannie espagnole et de planter l’Évangile ». Bien que cette colonie ait été détruite par les Espagnols en 1642, elle a introduit pour la première fois une vision protestante militante dans la région, associant la liberté religieuse à la résistance contre la couronne espagnole.

Des pirates célèbres, comme Henry Morgan, bien que peu portés sur la piété, apportaient avec eux une culture nominalement protestante. Cette influence a empêché le catholicisme de s’enraciner à nouveau, créant une identité culturelle où être « Islander » signifiait par définition ne pas être catholique — une distinction qui persiste dans la psyché locale jusqu’au XXe siècle.


La Fondation du Paysage Protestant Moderne : L’Immigration Caymanienne (1830–1880)

Le portrait religieux contemporain d’Utila commence véritablement en 1835–1836 avec l’arrivée de colons en provenance des îles Caïmans. Ces immigrants, composés de descendants d’Européens et d’Africains libérés de l’esclavage, ont apporté avec eux des traditions ecclésiales britanniques bien établies.

L’Hégémonie Méthodiste et Baptiste

Vers la fin des années 1840, le mouvement missionnaire protestant a commencé à s’organiser sérieusement dans les Caraïbes occidentales. Des missionnaires du Belize et de la Jamaïque ont apporté le méthodisme et le baptisme aux îles de la Baie.

L’Église Méthodiste s’est imposée comme l’institution religieuse dominante à Utila vers 1849. Elle ne fonctionnait pas seulement comme un lieu de culte, mais comme le pivot de la vie sociale et éducative. Dans un contexte où l’île passait officiellement sous juridiction hondurienne en 1859, l’église méthodiste est devenue la gardienne de la langue anglaise et des valeurs britanniques face à la pression d’assimilation hispanique.

L’Église Baptiste a également pris racine au milieu des années 1850. Bien qu’initialement moins centrale que le méthodisme à Utila, elle a fourni une structure spirituelle alternative, particulièrement forte parmi les populations afro-antillaises qui trouvaient dans ses congrégations une autonomie plus grande.

Tableau 2 – Les dénominations protestantes fondatrices (1849–1891)
Dénomination Année d’établissement Rôle Social Principal
Méthodiste ~ 1849 Éducation, alphabétisation en anglais, leadership communautaire.
Baptiste ~ 1855 Cohésion sociale des groupes afro-antillais, culte traditionnel.
Adventiste du 7e jour ~ 1891 Santé publique, éducation alternative, doctrine du sabbat.

L’Incursion de l’Adventisme du Septième Jour et la Mission Médicale (1880–1920)

L’une des transformations les plus documentées du paysage religieux d’Utila est l’introduction de l’adventisme du septième jour à la fin du XIXe siècle. Ce mouvement a apporté une nouvelle dimension à la piété locale : l’accent sur la réforme de la santé et l’éducation systématisée.

Les Pionniers : Frank Hutchins et le Herald

En 1885–1886, Elizabeth Elwin de Gauterau, native de Roatán convertie à San Francisco, entreprit un long voyage pour partager sa nouvelle foi adventiste avec sa famille et ses amis dans les îles. Bien qu’elle soit tombée malade durant son séjour à Utila, son travail missionnaire sema les premières graines de l’adventisme dans l’archipel. Elle partagea ensuite son expérience à l’église de San Francisco, où elle côtoyait la famille du jeune Frank Hutchins. En 1891, la Foreign Mission Board de la General Conference envoya officiellement le pasteur Frank J. Hutchins et sa femme Cora dans les îles.

Avant leur départ le 16 novembre 1891, le couple avait suivi des cours de santé au sanatorium de Battle Creek, se préparant à une œuvre de missionnaires médicaux. À bord de leur goélette, le Herald, Hutchins parcourait les colonies isolées, distribuant de la littérature religieuse comme le périodique Signs of the Times tout en offrant des soins médicaux de base.

Bien que la présence méthodiste à Utila ait rendu la progression de l’adventisme ardue, Hutchins a réussi à baptiser plusieurs résidents et à poser les jalons d’une église organisée. L’adventisme a introduit un changement radical dans les habitudes quotidiennes des Utiliens convertis, notamment l’adoption du sabbat le samedi et des restrictions alimentaires strictes, ce qui a créé des micro-communautés très soudées.

L’Éducation comme Vecteur de Foi

Un aspect crucial de la mission adventiste a été la création d’écoles. En 1894, la première école adventiste de l’archipel est ouverte sur l’île voisine de Bonacca (Guanaja), servant de modèle pour l’ensemble des îles, y compris Utila. Ces institutions offraient une éducation en anglais, défiant les politiques du gouvernement hondurien qui cherchait à fermer les écoles d’église pour imposer l’espagnol. Cette résistance éducative a solidifié l’adhésion des Utiliens à l’adventisme, perçu comme un protecteur de leur héritage linguistique.


Schismes et Diversification au Début du XXe Siècle (1900 – 1950)

Le début du XXe siècle a vu l’émergence de nouvelles dénominations, souvent nées de dissensions au sein des structures établies.

L’Église de Dieu et le Pasteur Joe Bodden

En 1905, une fracture majeure s’est produite au sein de la communauté méthodiste de l’archipel. Selon les récits locaux, de nombreux membres ont quitté l’église méthodiste en raison de tensions raciales et de politiques ecclésiales perçues comme peu représentatives. Ce mécontentement a conduit à la fondation de la Church of God Full Gospel Hall par le pasteur Joe Bodden en 1905. Ce mouvement s’est rapidement répandu à Utila, offrant une liturgie plus expressive et un leadership local plus représentatif de la diversité ethnique de l’île. Sous la direction ultérieure de figures comme l’Ancien Esau Brooks, l’Église de Dieu est devenue l’une des dénominations les plus influentes, particulièrement dans les zones traditionnellement afro-honduriennes.

L’Arrivée des Témoins de Jéhovah

Bien que plus tardive, l’influence des Témoins de Jéhovah au Honduras a commencé à se faire sentir vers 1946 avec l’arrivée de missionnaires étrangers. Bien que leur impact numérique sur Utila soit resté limité avant 1998, leur présence a ajouté une couche supplémentaire de pluralisme religieux et a forcé les églises traditionnelles à réévaluer leurs propres stratégies d’engagement communautaire.


Le Tournant de la Modernité : Hispanicisation et Catholicisme (1960–1998)

À partir des années 1960, Utila a connu un changement démographique majeur qui a profondément altéré sa composition religieuse. L’immigration de Honduriens du continent (Ladinos) pour travailler dans les industries de la pêche et du tourisme a ramené le catholicisme sur le devant de la scène.

Le Retour de l’Église Catholique

Pendant plus d’un siècle, le catholicisme avait été quasiment absent d’Utila, limité à quelques représentants du gouvernement central. Cependant, dans les années 1960, l’Église catholique a commencé à établir des structures permanentes dans l’archipel pour servir la population croissante de langue espagnole. Contrairement aux églises protestantes historiques d’Utila qui célébraient le culte en anglais, l’Église catholique est devenue le foyer spirituel des migrants du continent, créant une segmentation religieuse basée sur la langue et l’origine ethnique.

L’Essor du Mouvement Pentecôtiste

Les années 1970 ont également vu l’émergence de l’Église Pentecôtiste, qui est devenue l’un des mouvements à la croissance la plus rapide dans les îles. Ce mouvement a réussi à combler le fossé entre les populations anglophones et hispanophones en proposant des services bilingues et un message axé sur le renouveau spirituel émotionnel.


Analyse Statistique et Démographique : Utila en 1988

Le recensement national de mai 1988 offre le dernier instantané statistique complet de l’île avant les changements massifs induits par l’ouragan Mitch en 1998. À cette époque, la population des îles de la Baie s’élevait à 22 062 habitants, dont environ 1 261 résidaient à East Harbour, le principal établissement d’Utila.

Répartition Estimée de l’Appartenance Religieuse (1988)

Bien que les données de recensement honduriennes de l’époque ne détaillent pas toujours l’affiliation religieuse exacte par municipalité, les études sociolinguistiques et historiques permettent de reconstruire la composition suivante pour Utila :

Tableau 3 – Composition religieuse estimée d’Utila (1988)
Groupe Confessionnel Pourcentage Estimé Caractéristiques Socioculturelles
Méthodistes 38 % Principalement des « Islanders » blancs et de couleur de souche caymanienne. Culte en anglais.
Adventistes 18 % Forte présence dans les secteurs de l’éducation. Bilinguisme croissant. Observance du sabbat.
Église de Dieu / Évangéliques 22 % Composition mixte. Forte base chez les populations afro-honduriennes et les jeunes.
Catholiques Romains 15 % Quasi exclusivement des immigrants du continent (Ladinos) et des Garifunas. Culte en espagnol.
Autres (Baptistes, Témoins de J.) 5 % Minorités traditionnelles ou nouveaux groupes de mission.
Sans affiliation / Autres 2 % Expatriés nord-américains et européens dans le secteur de la plongée.

La Corrélation entre Religion, Langue et Statut Social

Avant 1998, la religion à Utila était un prédicteur fiable de l’identité linguistique. L’adhésion au protestantisme traditionnel (méthodisme, baptisme) était synonyme de la préservation de l’anglais des îles de la Baie (Bay Islands English). Les églises fonctionnaient comme des enclaves culturelles où l’usage de l’espagnol était rare.

À l’inverse, le catholicisme représentait « l’autre » — le continent, la loi civile espagnole, et le gouvernement de Tegucigalpa. Cette division créait un système de stratification sociale où le statut religieux était intimement lié à la perception de l’appartenance à la terre insulaire versus l’immigration récente.


Dynamiques Internes et Tensions Théologiques

L’isolement d’Utila a favorisé un conservatisme religieux marqué. Dans de telles communautés insulaires, les systèmes de croyances agissent comme des mécanismes d’adaptation robustes pour renforcer la solidarité de groupe.

Le Rôle de la Discipline Ecclésiale

Les églises d’Utila avant 1998 maintenaient des codes de conduite stricts. L’Église adventiste et l’Église de Dieu imposaient des normes rigoureuses concernant l’habillement, la consommation d’alcool et le comportement social. Ces règles servaient de barrières protectrices contre les influences extérieures perçues comme dégradantes, particulièrement avec l’essor du tourisme de plongée à la fin des années 1990.

L’éducation religieuse était également un champ de bataille. Les institutions confessionnelles ont pris le relais là où l’État hondurien était perçu comme défaillant ou trop agressif dans sa politique d’hispanisation.

La Transition vers le Bilinguisme

À mesure que 1998 approchait, la pression du monde hispanophone devenait inévitable. Certaines églises, notamment les adventistes et les pentecôtistes, ont commencé à intégrer l’espagnol dans leurs services pour attirer les nouveaux résidents. Cette flexibilité linguistique leur a permis de croître plus rapidement que les méthodistes, qui restaient attachés à un anglais liturgique plus formel et parfois archaïque.


Synthèse : Le Paysage Religieux à la Veille de l’Ouragan Mitch

En 1997, Utila présentait un visage religieux fragmenté mais stable. L’île n’était plus l’enclave protestante monolithique du XIXe siècle, mais elle n’était pas encore le melting-pot cosmopolite qu’elle deviendrait après 1998.

La Structure Institutionnelle en 1997

À cette période, on pouvait dénombrer au moins sept congrégations actives de dénominations différentes pour une population permanente de moins de 2 000 personnes, illustrant une densité religieuse exceptionnelle.

Tableau 4 – Institutions religieuses actives à Utila (vers 1997)
Institution Localisation Principale Orientation Culturelle
Methodist Chapel East Harbour (Main Street) Traditionalisme Islander, anglais formel.
SDA Church & School Secteurs résidentiels Éducation, réforme sanitaire, bilingue.
Church of God Zones mixtes Socialement actif, dynamisme spirituel.
Catholic Mission Quartiers de migrants Communauté hispanophone, fêtes patronales.
Baptist Church East Harbour Racines historiques, conservatisme.
Pentecostal Halls Périphérie urbaine Expansion rapide, emphase sur la guérison.

L’année 1998 marque une rupture non seulement géophysique mais aussi sociologique. L’ouragan Mitch a dévasté l’infrastructure de l’île, entraînant un afflux massif d’aide humanitaire et de travailleurs de reconstruction venus du continent. Ce mouvement a définitivement basculé l’équilibre démographique, faisant du catholicisme et des mouvements évangéliques hispanophones des acteurs centraux, et reléguant le protestantisme anglo-islander traditionnel au rang de vestige historique précieux mais minoritaire.


Conclusion : L’Héritage Spirituel d’Utila

Le portrait religieux d’Utila avant 1998 révèle une société où la foi était le principal vecteur d’identité culturelle et de résistance politique. Des premiers prêtres Pech aux missionnaires adventistes sur le Herald, chaque strate de croyance a laissé une empreinte sur la géographie humaine de l’île. La domination du protestantisme anglophone, bien que contestée par l’hispanisation croissante à la fin du XXe siècle, a réussi à préserver une forme d’autonomie insulaire unique dans les Caraïbes honduriennes. Ce système complexe, alliant éducation d’église, alphabétisation en anglais et schismes doctrinaux, a défini l’âme d’Utila jusqu’à ce que les vents de 1998 n’ouvrent l’île à une nouvelle ère de pluralisme globalisé.


Sources principales : Wikipedia (Utila, Bay Islands Department, William Claiborne), Encyclopedia.com (Bahía, Islas de), Encyclopédie adventiste (Gauterau, Hutchins, Bay Islands Conference), Britannica (Bay Islands), M.J. Harper Author (Bay Islands History), Paya Magazine (Homo Roataniens).

Les peuples du Honduras: Les Pech (Paya)

Le peuple Pech , anciennement connu sous le nom de Paya , est un groupe ethnique indigène du nord-est du Honduras . Selon un recensement de 2007 mené par des organisations indigènes, 6 024 personnes se sont identifiées comme étant d’origine Pech.

Ce groupe indigène parle principalement dans sa langue maternelle, la langue Pech, qui fait partie des langues Macro-Chibchan . Bien que, dans les développements récents, la langue soit principalement parlée par les générations plus âgées et risque de disparaître dans un avenir relativement proche. 

Le peuple Pech réside dans les territoires du nord-est du Honduras, en particulier dans les régions de Colon, Gracias a Dios et Olancho. Depuis leur migration vers ces régions, censées avoir migré des régions méridionales de la Colombie moderne , le peuple Pech a subi une réduction de sa propriété foncière et de ses droits. Les régions où vivent les Pech étaient à l’origine densément boisées, mais ont récemment subi une déforestation.

De nombreuses pratiques agricoles du Pech ont dû subir une réforme, bien que certaines pratiques traditionnelles soient toujours en place aujourd’hui. Les dirigeants Pech continuent de lutter pour préserver leur culture et leur langue, mettant le peuple Pech en danger d’extinction.

Le nom « Pech » dérive de l’ethnonyme de la langue Pech Pech, le nom qui se réfère uniquement à eux-mêmes. Pour que les Pech désignent d’autres groupes, le terme « Pech-Hakua » sera utilisé, signifiant « autres personnes ».

Les premières cultures Pech peuvent avoir été développées, dès 300 CE, indépendamment des Mayas, leurs proches voisins, ou elles peuvent avoir été influencées par les Mayas , une hypothèse qui a été corroborée dans une certaine mesure par la découverte de mots d’emprunt mayas dans la langue Pech.

Avant la période coloniale au XVIe siècle, le peuple Pech a migré du sud pour habiter un vaste territoire près de la frontière du Nicaragua. Les Indiens Pech occupaient une grande partie des terres du nord-est du Honduras, que les anthropologues définissent comme « l’Amérique centrale inférieure ». Selon les anthropologues, ce secteur inférieur de l’Amérique centrale était considéré comme faisant partie de la « zone intermédiaire moins développée du Honduras ». Cette terre que les Pech occupaient s’est considérablement réduite suite à des conflits avec la communauté voisine, les Miskito .

Les Pechs formait un certain nombre de chefferies , dont certaines ont laissé des vestiges archéologiques d’une certaine sophistication, et certainement au moment de l’exploration espagnole de la région au début du XVIe siècle, les régions côtières étaient dominées par d’importantes chefferies. Les archives espagnoles du milieu du XVIe et du début du XVIIe siècle font référence à une chefferie suprême appelée Taguzgalpa , qui dominait la région. Les tentatives espagnoles pour le conquérir au XVIe siècle ont échoué.

Lorsque les colonisateurs espagnols ont débarqué au Honduras, cent pour cent du territoire occupé de l’est du Honduras était sous le contrôle de la population américaine indigène et indigène. Après le contact et la propagation de la présence espagnole, le peuple Pech a été contraint de se retirer et de vivre sous le contrôle des colons espagnols, comme de nombreux autres groupes indigènes.


Au début de 1805, le peuple Pech a été déplacé de Cabo Camarón à son emplacement actuel, le long de l’embouchure de la rivière Aguán . Au cours de cette période, les Pech ont subi d’importantes réductions de leur territoire. La réduction Pech a eu lieu dans les territoires de Buenaventura dans la vallée d’Olancho en 1739, Siguatepeque en 1767, Río Tinto en 1797 et franciscains, ce qui a accéléré l’influence de la culture espagnole et la perte de la culture Pech traditionnelle. Entre 1859 et 1860, Manuel Subirana, un jésuite espagnol, a baptisé 600 individus de la population de Pech. Bien que la réponse du Pech au règlement espagnol ait été beaucoup plus paisible que la réponse des groupes indigènes voisins, tels que le Jicaque ou le Tolupan .

Sur la terre habitée par les Pech, la présence de plantes d’or et de salsepareille a attiré des étrangers et d’autres populations honduriennes pour revendiquer la terre. Les étrangers ont réduit en esclavage le Pech pour extraire les ressources naturelles de leurs propres terres, ce qui a dépouillé la terre de ses ressources en or, bois et plantes.

Aujourd’hui, il reste moins d’une douzaine de communautés Pech au Honduras. La population du peuple Pech en 1933 était de 2586, dont seulement 994 revendiquaient la langue Pech comme première langue.

Les Pech font face au danger de voir leur langue maternelle s’éteindre. Si les jeunes Pech peuvent comprendre le Pech dans l’ensemble, ils parlent principalement l’ espagnol . Il y a quelques efforts dans la communauté par les dirigeants Pech pour revitaliser la langue maternelle, cependant, il y aurait eu un soutien insuffisant de la part du gouvernement. En 2004, le programme national bilingue a été introduit, qui visait à améliorer les compétences linguistiques en anglais des populations autochtones, ce qui contribue également à la lutte pour revitaliser la langue maternelle pech.

D’autres problèmes auxquels les Pech sont confrontés aujourd’hui incluent l’hispanisation croissante des enfants Pech, la réduction des terres cultivables et la coupe de bois par des entreprises privées.

Toujours en 2004, Elipidio Martinez Chavarria, militant des droits fonciers et leader communautaire de Pech, a été tué à Dulce Nombre de Culmi, Olancho, dans le cadre de la violence liée à l’accaparement des terres.

Selon les historiens, Martynas Snarskis et Mary W. Helms, colonisation pré-européenne, le peuple Pech ne possédait pas « d’attributs culturels clés en tant que sociétés hautement stratifiées, organisation politique au niveau de l’État, techniques de culture agricole intensive, métallurgie ou grands centres urbains ». . »

Le peuple Pech a toujours vécu de la pêche et de l’agriculture itinérante. Cela est dû au manque de protéines et de nutriments fournis par les plantes dans le régime alimentaire des cultivateurs de racines.

Le peuple Pech a acquis l’équilibre de son alimentation grâce à la pratique de la chasse et de la pêche. Pour chasser, les Pech utilisent la « cerbatana » (un type de sarbacane), un arc et des flèches et des pièges.Ces techniques sont encore utilisées aujourd’hui dans les communautés Pech. 

Autrefois les Pech chassaient les quadrupèdes comme le cerf, qui sont rares aujourd’hui. Les Pech chassent un éventail d’oiseaux tels que le paca, le faisan, le tatou, l’anacardier et l’agouti. Lors de la pêche, les Pech utilisent un harpon et utilisent des plantes savonneuses moulues pour empoisonner l’eau. Pour le Pech, la pêche consiste aussi à cueillir des crustacés et des mollusques, dont des crevettes, des crabes et du jute, un escargot d’eau douce.

La principale caractéristique de l’agriculture de Pech est le défrichement des arbres. Une méthode de « culture sur brûlis », où la hache de pierre et le feu sont utilisés pour nettoyer un champ d’arbres et un sous-bois de racines, est mise en œuvre pour creuser des bâtons à planter.

Aujourd’hui, les principales activités économiques menées par le peuple Pech comprennent le défrichement des arbres, l’orpaillage, l’élevage d’animaux domestiques et l’extraction de la résine parfumée du liquidambar pour les parfums, l’encens et les adhésifs.

Les habitants de Pech tirent également profit de la vente d’articles artisanaux, notamment de paniers tressés, de sacs, de placements et de meules à maïs.

En 2003, une collection de bols, assiettes et bocaux en céramique a été découverte dans un placard de l’ Université de Floride du Sud .  Cette collection de pièces en céramique a été découverte plus tard comme étant l’artisanat des peuples autochtones honduriens, les Pech.  Par la suite, Walter Lehmann ainsi que les archéologues Doris Stone et Jeremiah Epstein ont suggéré que « les objets en céramique trouvés aux Islas de la Bahía étaient similaires à ceux trouvés sur le territoire de Pech sur le continent ».

L’une des principales caractéristiques du peuple Pech est qu’il parle dans la langue maternelle de sa propre langue. Leur langue appartient à la famille des langues Macro-Chibchan . Certains Pech parlent également Miskito, la langue appartenant au peuple indigène Miskito voisin.

La cosmologie st une pièce maîtresse du système de croyance Pech car elle présente la façon dont ils croient que l’univers est structuré et créé.

Une grande partie de la cosmogonie de Pech est basée sur des dualités. Par exemple, le Dieu père, nommé Patako-ko, est divisé en deux parties distinctes, l’une céleste et l’autre terrestre et lutte constamment pour faire disparaître la partie céleste.

Pour le peuple Pech, l’univers prend la forme d’une sphère et à quatre poutres soutenant sa structure. Au sein de cet univers, le monde souterrain est habité par des animaux féroces et des fourmis, la terre est le niveau où vivent les humains et le ciel est divisé en sept niveaux où existent des abîmes, des lacs et le feu éternel du soleil.

La plupart des habitants de Pech s’identifient aujourd’hui comme catholiques et n’ont retenu qu’une petite quantité de mythes et d’histoires orales de leurs religions traditionnelles. La religion traditionnelle pech comprenait des cérémonies à l’esprit des montagnes, les propriétaires spirituels des animaux, et à la sirène qui s’occupe du poisson.

On pense que le peuple Pech a migré vers le nord depuis la région actuellement connue sous le nom de Colombie à un moment donné dans le passé. La première indication de la vie et de la présence de Pech remonte au voyage de Christopher Columbus où il a atteint les îles de la baie et le continent du Honduras le 30 juillet 1502. La première présence de Pech peut également être trouvée dans l’écriture de Martyr chrétiens.

À l’origine, les gens de Pech ont habité des départements intérieurs de l’est du Honduras au sud de Trujillo actuel. Bien que pendant la période coloniale, le peuple Pech ait été transféré dans les zones minières du continent hondurien. Habituellement, les rivières servent d’indicateur pour les frontières du territoire de Pech, comme la rivière Aguán , qui borde le peuple Jicaque, et la rivière Cuyamel , territoire de Cabo de Gracias a Dios. Les Pech ont tendance à vivre dans des zones montagneuses entièrement boisées.

La concurrence territoriale pour le contrôle de la terre et de ses ressources a généré des conflits avec les groupes indigènes voisins du Honduras. Les déplacements croissants de terres, les dispositions et le manque de formalisation territoriale constituent un défi quotidien important pour les peuples autochtones du Honduras

Pour le peuple Pech, ce défi découle d’une histoire de conflit avec le groupe indigène voisin, le peuple Miskito. Les raids agressifs des Miskito furent en grande partie responsables du retrait progressif des Pech dans les régions montagneuses et éloignées de la côte.

À partir du milieu du XVIIe siècle, il a été documenté que les Miskito dominaient le peuple Pech côtier et ont été forcés de secourir le long des rivières Patuca, Sicre, Platano, Twas, Paulaya et Sico ainsi que dans la vallée d’ Olancho .

Les Pech ont beaucoup souffert de l’émergence des Miskito au XVIIe siècle et de leur alliance avec des étrangers, notamment des commerçants britanniques, et avec les esclaves en fuite qui composaient les « Mosquitos zambos ».

Le peuple Pech est considéré comme l’un des neuf groupes ethniques reconnus par l’État hondurien, les autres comprenant Tawkahka, Tolupan , Lenca , Maya Ch’orti, Garifuna , Afro-Carabéens et Nahua. Selon le recensement gouvernemental de 2001, la population du Pech est répertoriée à 4 138. Ces groupes étaient les seuls groupes indigènes nommés par le recensement, permettant au peuple Pech d’être reconnu par les organes judiciaires

La Fédération des tribus Pech du Honduras réunit 12 tribus Pech et vise à protéger leurs terres ancestrales.

Auparavant, la Fédération s’était battue contre la création d’un parc national « sans population », qui visait à couper les communautés de leurs moyens de subsistance traditionnels et à empêcher l’utilisation des terres pour récolter le liquidambar, une gomme sucrée utilisée dans les parfums.

Dans les efforts pour lutter contre ces parcs nationaux « sans personnes », le gouvernement hondurien a plutôt signé un accord de cogestion avec le peuple Pech. Cet accord permet légalement au peuple Pech de cogérer 34 000 hectares de la Réserve Anthropologique et Forestière, Montana del Carbon.

La Fédération a également créé une coopérative liquidambar, qui partage les bénéfices entre les membres de la communauté et le financement des systèmes d’éducation et de santé publique.

La Fédération a également accordé à la communauté Pech une attention internationale lorsqu’elle a remporté le Prix de l’ Équateur , un prix organisé par l’ Initiative Équateur du Programme des Nations Unies pour le développement .

Le peuple Pech est également protégé par l’ Institut hondurien d’anthropologie et d’histoire (IHAH).

L’IHAH est une agence gouvernementale fondée en 1952. Selon l’IHAH, cette agence est « dédiée à la conservation, à la protection et, dans un certain sens, à la définition officielle de la culture nationale du pays ».

L’IHAH entretient des sites arachnologiques où se déroulent des recherches ethnographiques et historiques sur les élaborations du Honduras. En même temps que la poussée du gouvernement hondurien pour le tourisme, l’IHAH, produit une vision d’identité nationale hondurienne qui est fonctionnelle aux besoins de l’industrie internationale de tourisme.

Des études antérieures sur le tourisme dans la côte nord-est du Honduras ont découvert que les investissements touristiques, y compris les actions du gouvernement hondurien et du programme des Nations Unies, ont entraîné une division communautaire, des dommages environnementaux et la dépossession des terres, les bénéfices restant entre les mains de l’élite hondurienne et des investisseurs touristiques internationaux.

Le peuple Pech fait partie des groupes autochtones reconnus par l’Organisation internationale du travail (OIT), la Convention relative aux peuples indigènes et tribaux de 1989 (n° 169), qui a été ratifiée par le gouvernement hondurien en 1995. En particulier, le peuple hondurien Le gouvernement s’est engagé à protéger les droits territoriaux des communautés autochtones et d’ascendance africaine de l’État.

Le peuple Pech est devenu de plus en plus intégré économiquement et politiquement dans la loi et la société hondurienne à mesure que l’activité économique et la colonisation ont progressé dans la région de Pech. Au 19ème siècle, le missionnaire espagnol, le Père Manuel del Jesus Subirana, a reconnu la relation significative entre les Pech et la terre et a aidé les Pech à acquérir un titre de propriété foncière en 1862. En outre, certaines communautés Pech situées dans la vallée d’Olancho, ont rejoint l’Unión de Campesinos (UNC) dans le but de récupérer leur territoire.
Questions d’actualité
Pendant la dictature du général Tiburcio Carias Andino entre 1933 et 1948, le processus de « Mayanisaton », tel qu’inventé par Euraque, a construit une identité nationale qui a ignoré les réalités vécues des groupes autochtones du Honduras.

Les investissements des banques d’Amérique centrale, de Harvard , de l’État de Pennsylvanie et de Tulane ont contribué à ce processus en finançant des projets de restauration, y compris la restauration de sites arachnologiques à Copan . Plus tard, dans les années 1970, cela a été projeté comme une priorité par le ministère du Tourisme.

Le peuple Pech continue de lutter contre les impacts de cela et du tourisme aujourd’hui.