L’Origine secrète de DC Comics. L’Age d’Or

Première partie: Le Major

Si tout le monde connait les personnages iconiques de l’univers de comics DC, si certains d’entre nous, les plus geeks, en connaissent certains des artistes qui leur ont donné vie, les personnages qui sont derrière ce géant de l’industrie sont en général inconnus. C’est ce que le présent article tentera de corriger.

Notre histoire commence avec un personnages qui est, à bien des égards, un aventurier du genre qui remplissait les pages des comic-books du Golden Age. Officier dans la cavalerie Américaine, Malcolm Wheeler Nicholson (1890-1965) atteignait, à l’age de vingt-sept ans, le rang de Major, ce qui constituait une première dans la cavalerie.

Prodigue militaire, il mena des campagnes contre les bolcheviks en Sibérie, combattit les troupes de Pancho Villa sous la gouverne de John J. Pershing à la frontière Mexicaine et soutenu les troupes Françaises pendant les 1ere grande guerre.

Après une lettre publique au Président Warren G. Harding, ou il portait des accusations au sujets d’officiers supérieurs, le Major subit, à son tour, des accusations et des poursuites. Il entama une poursuite de 100 000 $ contre le Général Surintendant: Fred Winchester Sladen

Après avoir subit deux tentatives d’assassinats que sa famille qualifia de sponsorisées par l’armé, et dont la seconde le laissa hospitalisé, blessé par balle, par un collègue officier; il fut reconnu coupable, en juin 1922, devant une cour martiale, d’avoir enfreint l’article 96 en publiant la lettre. Techniquement toujours à l’emploi des forces armées sa carrière était, en fait, dans un cul de sac. Il résigna son engagement en 1923. La poursuite contre Sladen fut rejeté par la cour suprême l’an suivant.

Wheeler était aussi artiste. Entrainé au dessin il avait aussi déjà écrit plusieurs titres. Traités militaires comme Modern Cavalry 1922 et œuvres de fictions comme le Western Death at the Corral. Il écrivait, alors, déjà pour les romans pulps. Avec une notoriété dans le genre qui en faisait un nom payant, il fonda Wheeler-Nicholson, Inc. (Syndication) Il y produisait des comic-strips

En 1933, à la recherche d’une nouvelle aventure lucrative, au pire de la crise économique qui dévastait les États Unis, Wheeler avait observé les succès des Funnies de Dell et Famous Funnies de Eastern Color Printing Company. Il fonda National Allied Publications. Il y publia, en Fevrier 1935, New Fun: The big comic magazine #1.

Si les publications de Dell et Eastern consistaient en des réimpression de comic-strips précédemment publiées dans les journaux, New Fun était entièrement fait de matériel original, les titres des strips populaires ayants pour la plus part été incorporé dans les divers titres de comics qui avait déjà été lancé. Wheeler écrivit, lui-même, plusieurs des titres que l’on y retrouvait. Tabloïd à la couverture cartonnée matte de 36 pages, 25.4cm/38.1cm (10″/15″) New Fun #1 contenait des funnies et des histoires d’aventure.

  1. Sandra of the Secret Service: The Gavonian Affair: Part 1
  2. Jigger and Ginger
  3. Barry O’Neill
  4. Magic Crystal of History
  5. Wing Brady
  6. Ivanhoe: Episode 1
  7. Judge Perkins
  8. Don Drake
  9. Loco Luke
  10. Jack Woods – Spook Ranch
  11. Scrub Hardy
  12. Jack Andrews
  13. Cap’n Erik
  14. Buckskin Jim
  15. Caveman Capers
  16. Bubby and Beezil
  17. Pelion and Ossa
  18. 2023: Super Police
  19. Oswald the Rabbit

Six numéros furent publiés sur ce titre après quoi la série fut renommée More Fun Comics en Janvier 1936

Réduit au format qui allait devenir standards à l’age d’or, (Size) More Fun adoptait une couverture de papier qui deviendrait lustrée à partir du numéro 12.

Wheeler produisit un second titre, en Décembre 1935: New Comics#1

Mensuel de 84 pages couvert de papier mat qui deviendrait lustré au numéro 7, New Comics allait, après avoir été renommé New Adventure Comics au numéro 12, en Janvier 1937, allait etre simplement renommé Adventure Comics avec le numéro 32, en Novembre 1938. Un des titres phares de la compagnie pour 45 ans, s’arrêtant en 1983 au numéro 503, en faisant un des comics Américains ayant eu le plus de longévité.

Plusieurs personnages y évoluaient.

Jor-L (avant Superman)
Sandman in issue #40
Hourman (from #48 to #83)
Starman by Gardner Fox and Jack Burnley, #61 (April 1941)
Simon & Kirby’s Manhunter #73 (April 1942) until #92.
Superboy, Green Arrow, Johnny Quick, and Aquaman #103 (April 1946) (From More Fun)

En 1936 le Major était confronté a de sérieux problèmes économiques. Constamment en guerre avec les banques, les imprimeurs et tout les autres créditeurs, le Major avait peine a acheter du lait pour ses enfants. Endetté envers son imprimeur: Donnie’s Press il fut obligé d’en accepter le Président, Harry Donenfeld comme partenaire, avec le comptable Jack S. Liebowitz, dans une nouvelle compagnie: Detective Comics Inc.

Harry Donenfeld & Jack S. Liebowitz

Ainsi fut publié Detective Comics #1, daté Mars 1937, troisième et dernier comics du Major.

Titre destiné a publier des histoires de détectives, à la dure, la série mettait en vedette des personnages tel que:

Slam Bradley
Chin Lung, “Yellow peril“Villain
Speed Saunders
Cosmo, the Phantom of Disguise:
Bret Lawton
Bruce Nelson
Gumshoe Gus

Cette série, avec le numéro 27 (Mai 1939), présentera au monde Batman, personnage qui a , aujourd’hui, pénétré tout les secteurs de la culture et qui se passe de présentation. Il fera de National Allied Publications , qui deviendra, vous l’aurez deviné, DC Comics: le plus gros joueur de l’histoire des Comic-Books de Super-héros.

Deuxième Partie: Le gangster

Si le Major pouvait nous rappeler les Héros des comic-books de l’age d’or, Harry Donenfeld, lui, fait plutôt figure de vilain.

Né à Iași en Roumanie, en 1893, Harry a immigré au États Unis, en 1898, avec ses parents et son frère Irving. Ils seront rejoints, plus tard, par Charlie et Mike, les deux plus vieux de la famille. Entré au Pays par Ellis Island ils s’installèrent au Lower East Side, comme plusieurs de familles immigrantes à l’époque.

Harry laissa jeune les bancs d’école pour être initié à la vie des gangs de rue. Il refusait de se conformer à une vie rangée, comme ses frères qui démarrèrent une entreprise d’impression: Martin Press.

Harry, lui, se voyait comme d’un genre supérieur. Il voulait la belle vie, préférablement sans le travail. Après avoir évité la conscription, il épousa Gussie Weinstein dont le père lui arrangea un prêt qui permit à Donenfeld d’ouvrir un magasin de vêtements, situé à Newark, New Jersey.

Comme le pouvoir d’achat s’érodait rapidement, à la fin des années 20, Donenfeld fut poussé à la faillite a du se résigner à prendre le poste de 4eme partenaire/vendeur chez martin Press, la compagnie de ses frères.

Ayant été, toute sa vie, meilleur amis avec le Gangster Frank Costello, Donenfeld aurait, durant la prohibition, transporté de l’alcool, en plus des rouleaux de papiers Canadiens qui faisaient rouler ses presses. Incidemment ses presses virent une expansion dramatique de son capital. En 1923 Harry avait réussi à acquérir les droits d’impressions de plusieurs pamphlets des Magazines Hearst tel: Cosmopolitain et Good Housekeeping, le représentant de Hearst, Moe Annenberg étant intimement lié au crime organisé. Cette année la, il force ses deux plus vieux frères à sortir de la compagnie et renomma Irving partenaire en minorité. Il renomma la maison Donnie’s Press.

Il lance alors plusieurs titres de Pulps, très à-la-mode, à l’époque, sortis sous divers compagnies, avec divers partenaires.

En 1929, il forme, avec Jack Liebowitz Independent News Company. Harry n’était plus simplement publiciste, il distribuait lui-même et ne dépendait plus des autres pour faire affaire.

En 1935, le Major Wheeler, contacte la Independent News Company pour relancer son New Fun Comics, qui avait perdu son financement après avoir accumulé des dettes causées par des ventes des ventes faibles. Donenfeld accepta en échange d’une grande partie des droits sur les redevances de vente.

En plus de relancer New Fun sous un nouveau format, Ils lancèrent aussi New Comics. Ils lancèrent une nouvelle compagnie éponyme du troisième titre: Detective Comics.

Au début de 1938, Harry offre à Wheeler et son épouse une croisière à Cuba pour « travailler de nouvelles idées ». À son retour, les serrures de son bureau avaient été changées. En son absence, Harry avait entamé des poursuites qui poussèrent Detective Comics Inc en cours. Le juge Abe Mennen, un vieil ami de Donenfeld, organisa une dissolution rapide. Harry racheta le tout, à l’encan, pour une fraction de la valeur. Il donna un petit pourcentage à Wheeler pour ne plus en entendre parler.

3eme partie: max Gaines

Maxwell Charles GainesMax Ginzberg /ˈɡɪnzbɜːrɡ/Le 21 Septembre 1894 a New York.

À l’age de quatre ans il tomba par une fenêtre du deuxième pour accrocher sa jambe sur un piquet de clôture. L’accident le laissa avec des séquelles permanentes qui lui rendait difficile l’utilisation d’une jambe et lui procurera des douleurs, toute sa vie durant qui participeront à une personnalité que ceux qui l’ont connus qualifièrent de entêté, colérique et agressif.

Son fils raconte qu’il se défoulait régulièrement sur lui, de ses nombreuses frustrations, le fouettant à la ceinture en lui criant qu’il n’arriverait jamais a rien faire de sa vie.

Professeur, Directeur d’école, Fabriquant de munition en usine, Vendeur de meuble, Gaines avait fait plusieurs métier avant d’arriver, en 1933 chez Eastern Color Printing. La compagnie imprimaient alors des Comic Strips du Dimanche. Gaines eu l’idée de les compiler pour en faire des objets de promotions pour Procter & Gamble qui les employaient. Il leur proposa un livret format tabloïd, qui présenterait des réimpressions de comic strips déjà publiés, donc, dont les droits étaient déjà payés. Le tout serait au prix de 5c. L’idée fut rejetée.

Toujours pour Eastern, Gaines publia, en 1933 Funnies on Parade, considéré comme un prédécesseur des Comic-Books. CGC le liste comme le tout premier.

Publication de 8 pages, republiant les Comics Strips des journaux n’était pas vendu mais plutôt donné comme objet promotionnel pour les clients de Procter & Gamble qui se donnaient la peine de poster les coupons qu’ils avaient reçus à cet effet. 10 000 furent imprimés. D’autre sources le disent distribués par la chaine Walmart. Devant ce succès, Eastern produit plusieurs autres comics similaires pour divers sponsors, avec des chiffres allant jusqu’à 250 000 copies.

Plus tard en 1933 Famous Funnies: A Carnival of Comics, 36 pages, est publié par Eastern en collaboration avec Dell Comics. Avec sa suite: Famous Funnies, ils sont considérés comme étant les premiers vrais Comics Books. L’Historien Goulart en parle comme de la pierre sur laquelle fut édifié une des branches les plus lucratives de la publication de magazines. CGC en fait le second comic.

Famous Funnies: A Carnival of Comics,

En 1938, Gaines fonde, avec Max Liebowitz All-American Publications. Ils sont évidement financées par Harry Donenfeld.

Les personnages issues de chez All-American était plus fins, plus originaux, plus recherchés que ceux qu’on trouvait chez les compétiteurs, même chez National. L’emploi de William Moulton Marston pour écrire Wonder Woman n’est qu’un exemple de l’effort mis chez Gaines, pour faire pâlir la compétition.

C’est ainsi que All-American publia entre-autre les aventures de Hop Harrigan, célèbre aviateur des comics qui eut droit ses émissions de radio et à des films serials, présentés avant les films dans les salles à l’époque. Quantité d’autre héros nous viendront des pages de ces comics incluant :

Les publications de Gaines se mélangent avec celle de Donenfeld au début de la compagnie alors que les héros sautent régulièrement des pages des comics d’une compagnie aux page de l’autre. Ainsi dans le Justice Society of America, qu’on voyait dans les pages de All-Star Comics #3, Atom, Flash, Green Lantern et Hawkman se retrouvaient à la même table que plusieurs personnages de National. Constituant ainsi le premier cross-over entre 2 publicistes.

Les relations entre Gaines et L’Équipe Donenfeld se détérioraient au cour des ans. Gaines, qui sentit la mode superhéros s’effriter, vers la fin de la guerre décida de vendre à Donenfeld, non sans avoir, en premier temps essayer de relancer les séries et les étiquetant sous leur propre insigne.

En Septembre 1946, National Allied Publications et Detective Comics, Inc. mergeaient, formant ainsi National Comics Publications. Ils absorbaient All-American la même année.

Gaines fondera en 1944 EC Comics, Educational Comics, qui deviendra, sous la direction de son fils William, a sa mort par accident de bateau en 1947, Entertaining Comics et qui sera le plus gros joueurs dans le comic d’horreur de 47 a 54.

4eme partie a: Apex Predator

ou Detective Comics, Inc. v. Bruns Publications, Inc

En Mars 1939, Fox publiaient Wonder Man Comics #1, dans l’espoir de profiter, à leur tour, de la manne économique qu’était Superman. National à aussitôt lancé des poursuites pour enfreinte aux droits d’auteurs. Le personnage fut immédiatement retiré et la série changea de titre au numéro 3 pour devenir Wonderworld Comics.

En 1940 Fawcett publient Master Comics #1 mettant en vedette Master Man. Une capsule en faisait un surhomme. Il eu droit à six apparitions avant d’être, à son tour, balayé par une action légale de National. Il sera remplacé par Bulletman comme lead sur la série.

En 1941, forts des antécédents, l’équipe Donenfeld pointe la mire sur leur plus important compétiteur: Le Captain Marvel de Fawcett. Accusé d’être une copie de leur héro Superman, Fawcett furent cette fois, exonérés sur une technicalitée.

Il n’était toute fois pas question que Harry ne laisse ce personnages qui vendait, certains mois, plus de 2x plus de comics que Superman, le laisser à la 2eme position. Il avait damé le pion à Superman en devenant le premier Superhéros sur le Grand Écran. Il devait tomber. Le juge d’appel décida que National pourrait poursuivre Fawcett pour le contenu des histoires qui auraient été copiées.

Fawcett cessera la publication de comics en 1953 en réglant la poursuite.

Quand vint, en 1953, le Sous Comité Sénatorial sur la Délinquance Juvenile, le superhéros n’était plus en vogue. D’un sous-genre des aventuriers et de la science fiction, il était devenu, en 1941, après l’entré des Américains dans le guerre, un media de propagande ou les personnages patriotiques tricolores, en peuplaient majoritairement les pages. Leur popularité a rapidement rétréci après la guerre. Guerre, humour, romance et horreur allait désormais peupler les pages des comic-books.

Ne restait, comme superhéros en 1954, que Superman, Batman et Robin et Wonder Woman de National, le Plastic Man de Quality et quelques autres, en plus des titres de Fawcett. Timely avait essayer de relancer Captain America, disparu depuis plusieurs années, ainsi que le Human Torch mais sans succès.La plupart des grandes séries avaient été renommées pour prendre des titres reflétant leur nouveaux contenus. Les autres cancellés.

Ils allaient aussi acquérir les droits de Quality comics qui arrêta toute publication avec le SCSDJ comme de nombreux publicistes de l’époque.

À ce point, ils avaient absorbés tout les titres super-héroïques sauf ceux de Timely, de Lev Gleason (Daredevil, Silver Streak, etc) et ceux de Standard/Better/Nedor (Black Terror, etc). Il restait le Blue Beetle de Fox qui allait être acheté par la nouvelle Charlton. Ses personnages seront à leur tours avalés par National devenue DC Comics près de 30 ans plus tard. Mais ça, c’est pour une autre histoire.

Jusqu’à la fin de sa vie, Donenfeld à toujours dit, dans le privé, que DC voulait non pas dire Detective Comics, mais bien Donnie’s Comics.

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