Extrait des pages d’archives de KID OMÉGA, le comic de l’Âge d’or. Ces pages n’étaient pas une aventure : dans chaque numéro, une rubrique spéciale répondait aux lettres des lecteurs qui voulaient s’entraîner comme leur héros. Elles ont été retrouvées, traduites, et sont republiées ici par l’Initiative Oméga.
« Salut, camarades ! Des milliers d’entre vous ont écrit au Capitaine pour connaître ses secrets. Il m’a donné la permission de tout vous dévoiler. Prenez un crayon, un bloc de papier, et lisez bien. » — Kid Oméga
La méthode du Capitaine Oméga
Racontée par Kid Oméga
Des milliers de lecteurs m’ont écrit pour savoir comment le Capitaine tient sa forme. Voici enfin sa routine, dans l’ordre où il l’a apprise. Il y consacre deux heures par jour, sans exception. (Et non, les exercices ne donnent pas de superpouvoirs. Ils donnent de l’attention, ce qui est mieux.)
I. Le noir complet. Le Capitaine vit sous tension, alors il a appris à la défaire. Étendu sur le dos, il imagine une cellule de donjon sans lune, une obscurité totale, et il ordonne à ses muscles de devenir mous, des pieds vers le haut. Il s’endort presque toujours avant d’arriver aux épaules. C’est le but.
II. Le poids invisible. Au réveil, devant la fenêtre ouverte, il respire lentement dix fois. Il saisit un poids imaginaire, très lourd, et le soulève au-dessus de sa tête, muscles tendus et souffle retenu, puis le repose de l’autre côté. Pendant ce temps, il mémorise tout ce qu’il voit dehors. Il se retourne, refait le geste en revoyant la scène dans sa tête, puis écrit la liste de tout ce dont il se souvient. Après une semaine, il compare les listes : elles s’allongent.
III. Les cartes à bosses. Sans matériel, il perce dix cartes de visite avec un clou pour former de petites bosses au dos. Les yeux fermés, il les compte du bout des doigts. Chaque semaine, les bosses sont plus fines et les cartes plus nombreuses.
IV. Les flacons mystères. Il remplit dix flacons de liquides de cuisine : ammoniaque, vinaigre, eau salée, vanille, citron, lait et ainsi de suite. Il les étiquette, les mélange les yeux fermés, puis les identifie à l’odeur. Pendant ce temps, il écoute la rue : cette voiture est-elle vieille ou neuve ? Ces pas dans le couloir, ceux d’un homme, d’une femme ou d’un enfant ?
V. Les verres qui chantent. Six verres numérotés, qu’il tapote avec un couteau pour retenir chaque note. Puis il les mélange et essaie de les reconnaître au son.
VI. Les six saveurs. Café, thé, eau salée, eau sucrée, vinaigre et moutarde, dilués dans six petits flacons. Il goûte les yeux fermés et devine. Quand il réussit, il dilue davantage.
VII. Loin, près, loin. Devant la fenêtre, il fixe un poteau tout au bout de la rue et en compte les détails. Puis il baisse les yeux sur une carte, lit deux lignes, relève le regard vers un objet proche à droite, et recommence. Les yeux travaillent, la tête reste immobile. Ensuite, il note ce qu’il a vu sans s’en rendre compte.
VIII. Le pont. Après l’exercice II : couché sur le ventre, il lève en même temps la tête et les pieds, cinq fois, lentement. Puis sur le dos, il lève mains et pieds pour les rapprocher. Il continue d’observer la pièce. Le Capitaine dit que l’esprit doit viser le point d’efficacité maximale : beaucoup d’hommes ont un corps merveilleux et un cerveau qui dort.
IX. Les tissus. Douze échantillons de coton, laine, soie et autres, étiquetés au dos. Il les identifie du bout des doigts, les yeux fermés. Il lui a fallu deux semaines pour ne plus se tromper.
X. Les chiffons parfumés. Dix bandes de tissu imbibées de trois liquides différents chacune. Il les mélange, puis retrouve à l’odeur seule les trois composants.
XI. D’où vient le son ? Au centre de la pièce, l’horloge et la montre cachées, il tourne sur lui-même les yeux fermés. Il désigne ensuite d’où viennent le tic-tac, la porte qui s’ouvre, les pas de quelqu’un qui entre.
XII. Le filtre. Ce n’est pas un exercice, c’est une règle. Le Capitaine filtre ses pensées comme le filtre à huile d’un moteur. Ni haine, ni colère, ni envie, ni vengeance. Un esprit rongé par ces poisons ne peut plus décider en une fraction de seconde.
XIII. Les poudres jumelées. Dix boîtes contenant chacune un mélange de deux poudres de cuisine (sel et sucre, cannelle et sucre, girofle et piment de la Jamaïque, etc.). Il goûte du bout d’un doigt mouillé et devine les deux ingrédients. Il change les combinaisons toutes les deux semaines pour ne pas les mémoriser.
XIV. Le plexus. Debout, il tapote du bout des doigts son plexus solaire, comme sur un tambour. C’est la vue des doigts qui pousse le cerveau à durcir les muscles à temps. Après des mois, un vrai coup ne l’ébranle plus. Il ne retient jamais son souffle, et il garde le rythme du battement. (Kid Oméga précise : commence très doucement, et ne demande jamais à un ami de te frapper.)
XV. Le plan du lendemain. Chaque soir, il revoit sa journée et écrit la liste du lendemain : lever, exercices, travail, appels, dîner, lecture, et un dernier coup d’œil au plan avant de dormir. Les imprévus arrivent, alors il ajuste le plan, sans l’abandonner.
XVI. Les papiers. Dix bandes de papier de textures différentes, numérotées sur l’endroit. Il les mélange, puis retourne chacune du bon côté, les yeux fermés, et devine le numéro. Pendant ce temps, il note mentalement les bruits de la rue et de la maison.
XVII. Les pas des passants. Devant une vitrine, il écoute passer quelqu’un et note cinq indices sur son bloc : homme, soixante ans, corpulent, bien habillé, en santé. Puis il lève les yeux et vérifie. C’est très difficile : il faut des mois pour réussir trois passants sur cinq. Ensuite, il dessine de mémoire la vitrine, avec au moins vingt objets bien placés.
XVIII. Les mains en coupe. Il dépose une pincée d’une des poudres de l’exercice XIII au creux de sa main, la frotte, puis inspire longuement, les mains en coupe. Deviner un ingrédient est facile. Deviner les deux, c’est autre chose.
XIX. Les dosages. Neuf boîtes où la proportion change : un demi-sel, deux tiers sel, et ainsi de suite, avec du sucre, de la cannelle et du girofle, de la farine et de l’alun. Il goûte et estime les proportions. Ensuite, on ajoute d’autres poudres.
XX. Les dix doigts. En position de pompe, il transfère peu à peu tout son poids sur le bout des doigts, lentement, sans à-coups, en pensant à la force de ses mains. En même temps, il récite de tête les pays d’Europe et leurs capitales.
XXI. Décider vite, décider juste. Le Capitaine croit que personne ne veut agir mal : on cherche tous le bien, il faut seulement décider ce qu’est le bien. Il s’entraîne avec des dilemmes : que faire du caissier qui vole pour payer l’hôpital de sa famille ? Qui sauver, un enfant ou un vieux savant ? Il écrit dix raisons pour chaque camp, tranche tout de suite, puis relit sa décision une semaine plus tard.
XXII. Le buvard à deux bouts. Des bandes de buvard, avec un liquide (citron, thé, vinaigre, vanille…) à un bout et une légère odeur à l’autre. Il pose un bout sur sa langue, respire une seule fois l’autre, et note ce qu’il perçoit des deux à la fois.
XXIII. Bosses et symboles. Vingt cartes piquées de formes géométriques, cercle, carré, triangle, à identifier au toucher. En même temps, il mémorise quarante symboles chimiques. Les yeux ne regardent jamais les cartes.
XXIV. Le papier de verre. Dix carrés de papier de verre, du plus fin au plus gros, sur lesquels il trace de très légères lignes en relief au dos avec un crayon dur. Il les reconnaît du bout des doigts, le temps de réciter un court poème. Au début, il n’en passait que cinq.
XXV. Vis et roulements. Dix vis de longueurs différentes, dix roulements à billes de poids différents. Sans regarder, il classe les vis du plus long au plus court, et les billes du plus lourd au plus léger. En même temps, il calcule des racines carrées de tête.
XXVI. Lire sur les lèvres. Il a d’abord appris par cœur de grands textes (déclarations, discours), puis les a prononcés devant un miroir en observant ses lèvres. Il a ensuite reconnu les mots sur des lèvres à distance. Il choisit des textes connus parce que chaque mot y est précis.
XXVII. Le tri des timbres. Cinq cents timbres usagés de quinze valeurs différentes, mélangés dans une boîte à cigares. Avec une pince à épiler, il les trie en quinze piles, sans jamais corriger ses erreurs pendant le tri, seulement après. Il se donne le temps d’un long poème. Trop lent, c’est la décision qui traîne. Trop d’erreurs, c’est la perception qui manque de précision.
XXVIII. Les odeurs qui restent. Il entre dans une pièce et renifle : un cigare ou plusieurs ? Une pipe ? Quel parfum ? Quelqu’un est passé il y a des heures. Il ne fume pas et ne boit pas, et ses amis non plus, parce que ça émousse l’odorat.
XXIX. L’horloge. Il s’éloigne d’une horloge jusqu’à ne plus l’entendre, puis se rapproche jusqu’au premier tic. Il mesure la distance et recommence, cinq fois par jour. Plus tard, il ajoute une radio qui joue doucement, puis plus fort, tout en gardant l’oreille sur l’horloge. Cet exercice entraîne aussi la volonté.
XXX. Les chaînes. Pieds bien plantés, il imagine ses bras enchaînés à des poteaux et les ramène lentement devant lui jusqu’à briser la chaîne. Puis il imagine des chaînes aux poignets et les écarte. Son esprit fabrique la résistance et ses muscles gagnent toujours. Cinq répétitions, pendant qu’il dresse la carte détaillée de sa vue par la fenêtre.
XXXI. Trier les bruits. Assis à la fenêtre, bouche légèrement entrouverte, il identifie chaque son sans en laisser passer un seul : voiture, avion, fil électrique. Il fait taire les autres sons dans sa tête et se concentre sur l’inconnu, puis passe au suivant.
XXXII. Le cercle du regard. Douze cartes couvertes de lignes parallèles, épinglées en haut, à gauche, à droite et en bas d’un point fixe sur le mur, chacune cachée par une carte vierge. Il découvre les cartes, fait circuler son regard de l’une à l’autre, et compte les lignes sans s’arrêter. Puis il change de sens. Enfin, il retire les cartes et compte de mémoire.
XXXIII. Le pont arrière. À un pied et demi d’un mur, il se cambre lentement en arrière, mains sur les hanches, jusqu’à toucher le mur du visage. Il se redresse, puis se penche en avant jusqu’à poser les mains au sol. Cinq fois, muscles relâchés.
XXXIV. Le goût presque invisible. Dix flacons d’eau sucrée où il ajoute une trace de sel, poivre, vinaigre, moutarde, girofle, vanille ou cacao. Il les goûte, puis dilue encore. Il réduit toujours la dose, jusqu’à détecter la moindre trace.
XXXV. La pièce dans le noir. Il réarrange les meubles d’une pièce, la mémorise, puis ferme les yeux et tourne sur lui-même. Il choisit une destination (l’interrupteur, une fenêtre), marche jusqu’à toucher un meuble, l’identifie, et se guide à partir de lui. Audition, mémoire et orientation travaillent ensemble.
XXXVI. La liste des sons. Une minute d’écoute à la fenêtre, puis il écrit les sons dans l’ordre où ils sont venus. Cinq fois chaque matin. En quelques semaines, il en note trois fois plus.
XXXVII. La pompe à un bras. En position de pompe sur le bout des doigts, il bascule lentement sur un seul bras et une seule jambe, tient trois secondes, et se laisse descendre lentement. Corps rigide, aucun effort brusque. Il a mis des mois à en faire cinq, puis change de côté.
XXXVIII. Le repos éclair. Pour se reposer quelques minutes, il ordonne à ses muscles de se relâcher, s’imagine flottant dans un ciel d’été bleu, respire profondément sept fois, et fait ça trois fois. Avant de sortir, il voit une boule rouge s’approcher jusqu’à l’envelopper. Au sommet du rouge, il ouvre les yeux.
XXXIX. Le magazine. Il feuillette les publicités d’un magazine en comptant un, deux, trois par page, puis écrit tout ce dont il se souvient : produit, fabricant, usage. C’est un exercice de vitesse de perception, pas de mémoire.
XL. Les formes en balsa. Dix petites formes taillées dans du balsa (pyramide, cube, cylindre, ovale…). Il les mélange les yeux fermés et les trie d’une main, vite. Plus tard, il ajoute une bille, un roulement, un crayon, une allumette. Il en reconnaît finalement vingt-quatre.
XLI. Métaux sur la langue. Dix blocs de bois portant chacun une matière différente (étain, verre, bakélite, plomb, caoutchouc…). Il les pose un instant sur la langue, sans regarder, et devine la matière. Pendant ce temps, il récite de tête les grandes batailles de trois guerres.
XLII. Les odeurs du dehors. Dehors, il identifie consciemment chaque odeur pendant quinze minutes : pas « ça sent bon », mais « ça vient des roses ». Il ramasse pétales, aiguilles de pin et herbes, les enferme par trois dans des boîtes d’allumettes, et retrouve le contenu à l’odeur.
XLIII. La volonté. Ce n’est pas non plus un exercice. Le Capitaine ne s’autorise pas l’idée d’abandonner. Il dit « je vais » et jamais « j’espère ». Il ne gaspille pas son énergie à s’inquiéter, il fait son plan avec les faits qu’il a, et il l’exécute.
XLIV. Le doigt contre le mur. Face au mur, mains à six pouces, il s’appuie sur une seule main, puis pousse son corps de l’index seul, le rabaisse, et refait avec chaque doigt, puis avec l’autre main. La main au repos se détend consciemment. Dix répétitions par main, en récitant les présidents.
XLV. L’équilibre et les doigts. Il marche sur la pointe des pieds, jambe levée en pas exagéré, en vacillant trois fois, tandis que ses doigts se replient un à un dans la paume, puis se rouvrent en sens inverse. Cinquante pas par jour, puis cent. Le contrôle musculaire demande un effort mental précis.
XLVI. La torsion assise. Assis en tailleur, bras croisés, il tourne lentement épaules et hanches d’un côté puis de l’autre, sans jamais bousculer le mouvement. Deux répétitions au début, pour ne pas raidir des muscles qu’il n’avait jamais utilisés. En même temps, il calcule mentalement des cubes.
XLVII. Les terres. Neuf boîtes de sable, d’argile et de terreau noir, sec, humide et détrempé. Il les mélange et les reconnaît à l’odeur seule.
XLVIII. La bille immobile. Le bras tendu, une bille à roulement dans la paume, il incline lentement la main pour la faire rouler jusqu’au bout des doigts, retourne la main d’un coup, et la fait rouler sur le dos de la main. Tout est lent, sauf le retournement. Il refait de l’autre main, puis des deux.
XLIX. Les couleurs. Neuf cartes de couleurs différentes, accrochées à neuf clous sur un mur, en grille de trois par trois. Il lit trois chiffres sur un bloc en une fraction de seconde, puis note l’initiale des couleurs correspondantes. Plus tard, il passe à deux couleurs par carte. En même temps, il nomme les os du squelette.
L. Lire en relief. Dix messages de six à dix mots, écrits en appuyant fort sur du papier pour que les lettres ressortent au dos. Il les lit du bout des doigts, les yeux fermés, et vérifie ensuite.
LI. Tomber sans se blesser. Il s’exerce à tomber comme un homme abattu, d’abord de la position à genoux, puis debout, en relâchant les muscles étage par étage. La peur est le vrai obstacle : la détente totale est la seule protection. Après des mois, il tombe de n’importe quelle position, prêt à bondir.
LII. Les gouttes. Dix flacons d’eau avec sauce Worcestershire, sel, sirop d’érable, tabasco, cannelle, girofle, alun, café, thé, cayenne. Il les mélange, dépose une goutte sur sa langue et nomme le contenu, tout en calculant la circonférence de cercles de plus en plus grands.
LIII. La radio qui s’éloigne. Il baisse la radio au minimum et s’éloigne jusqu’à ne plus l’entendre. Attention : il a un jour marché vingt-sept pieds avant de comprendre que c’était son imagination qui finissait la chanson. Puis il fait deux pas de plus et commande à ses oreilles de devenir plus aiguës. L’esprit commande, les sens obéissent.
LIV. Les grands portraits. Cinquante timbres de personnages illustres du monde entier. Il les classe en cinq minutes du plus au moins important pour l’humanité, sans favoriser son pays ni les militaires, en donnant dates et deux actes marquants pour chacun. Après quelques semaines, son jugement sur ces figures a changé.
LV. La mémoire des lieux. Il visite dix coins de rue de sa ville, mémorise chacun en trois minutes, puis ferme les yeux et complète l’image mentale, comblant les vides. Il note aussi les odeurs de la route. De retour, il liste les coins et vingt odeurs. Au bout d’un mois, un simple coup d’œil suffisait.
Voilà toute la méthode. Le secret n’est dans aucun exercice en particulier, c’est de les faire tous les jours. Et comme dit le Capitaine : l’esprit d’abord, le reste suit.
MOT DU CAPITAINE
« Souviens-toi, camarade : aucun de ces exercices ne te rendra invincible du jour au lendemain. Ils te rendront attentif, patient et maître de toi-même, et c’est de là que vient tout le reste. Commence par un seul exercice et fais-le tous les jours. Le jour où tu en oublieras un, recommence le lendemain. Ne t’entraîne pas pour être plus fort que les autres. Entraîne-toi pour être plus présent que toi-même hier. » — Capitaine Oméga
Précaution de Kid Oméga : les exercices physiques se font doucement, sans jamais forcer. Et celui du plexus, on le fait seul !









Wonder Man, Wonder Comics #1 (mai). Will Eisner, Fox.
Batman, Detective Comics #27 (mai). Bob Kane et Bill Finger, National.
Sandman (Wesley Dodds), Adventure Comics. Gardner Fox et Bert Christman, National.
Superman #1 (été) : le premier magazine consacré à un seul superhéros.
Blue Beetle (Dan Garret), Mystery Men Comics (août). Charles Nicholas, Fox.
Bozo the Iron Man, Smash Comics. George Brenner, Quality.
Amazing-Man, Amazing-Man Comics #5 (septembre). Bill Everett, Centaur.
Marvel Comics #1 (octobre) : la Torche humaine (Carl Burgos) et Namor (Bill Everett), Timely.
Ultra-Man, All-American Comics #8 (novembre). Jon L. Blummer.
Doll Man, Feature Comics. Will Eisner, Quality.






























































